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Crans-Montana : quand trois défaillances forment une doctrine.

Celle de l’irresponsabilité organisée.

On préférerait ne jamais revoir ces images. Un sous-sol. Un feu qui avale tout. Des vies arrachées en quelques secondes.

Face au drame, deux voies s’ouvrent : la dérobade ou le courage. Seule une mène vers la responsabilité.

Jean-Daniel Clivaz, mari de la vice-mairesse de Crans-Montana rompt le silence et raconte l’incendie du Constellation sur Quarta Repubblica.

Ce qu’il décrit ne nous étonnera plus. C’est une manière de gouverner et d’accepter les risques jusqu’à ce qu’ils deviennent tragédie.

Trois ressorts apparaissent.

1️⃣ La sécurité réduite à un vœu pieux

Quatre inspecteurs pour une commune touristique.

Une surveillance qui existe surtout sur papier.

Un dispositif trop maigre pour empêcher quoi que ce soit.

2️⃣ Le bricolage érigé en méthode

Des panneaux de mousse acoustique hautement inflammable – qui aurait été acheté chez Hornbach – posés sans qualification, en violation assumée de la loi.

Avertissement reçu, aussitôt ignoré.

Jacques Moretti — propriétaire, aujourd’hui prévenu — aurait expliqué aux procureurs que sa mousse ne brûlait pas.

Elle a brûlé. Et elle a tué.

3️⃣ Aucune espèce de préparation

La scène rapportée dans le reportage est simple : la gérante aurait vu le feu, aurait crié qu’il faut absolument sortir malgré la musique à plein volume (sans alarme incendie), aurait pris la caisse et aurait fui avant tout le monde.

Les jeunes, confus, attendront cinquante secondes.

C’est dans ces cinquante secondes qu’un système se révèle.

Le vrai sujet

Comment une Suisse riche, moderne, héritière d’un imaginaire de précision, peut-elle s’effondrer sur :

  • le contrôle

  • la compétence

  • le réflexe vital ?

Le manque de ressources n’explique pas tout. La mauvaise priorité n’excuse rien.

L’absence de responsabilité, elle, explique tout le reste.

Nous ne sommes pas face à des erreurs isolées. Nous sommes face à une culture qui ferme les yeux, tolère l’à-peu-près et transforme le prévisible en drame.

Et maintenant ?

Ce qui s’est produit à Crans-Montana était évitable.

Ce qui l’a rendu possible, en revanche, se retrouve partout :

  • la dilution des responsabilités

  • la banalisation de l’exception

  • le confort du « ça ira » et du « c’est comme ça ».

Il faut foncer vers la gouvernance honnête et transparente, vers la vraie chaîne de responsabilité, vers cette discipline élémentaire : voir, anticiper, agir — et arrêter la dérobade.

En 2026, le luxe n’est pas dans les stations. Il est dans les institutions qui ne nous ont pas sacrifiés.

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